21 août

Burkini : le droit d’en avoir rien à foutre

Rien à foutre du burkini ou autre sujet dit de "société"

Le port du burkini sur les plages déchaîne les passions et les actions politiques. Du vegan violeur d’arbres à Nicolas Sarkozy, chacun y va de son avis et de sa solution miracle. Après analyse du sujet, j’y oppose le droit d’en avoir rien à foutre.

Ô société de la petite phrase et du bon mot, je te le dis : tu ne tireras aucun commentaire de ma part à ce sujet. Le port du burkini je m’en branle des deux mains. Et pire encore, je le fais sans me justifier et sans préciser si je suis : Français de souche, Corse, issu d’un quartier, avec des potes arabes, victime de racket dans mon enfance, soumis, fasciste, raciste…

Aucune circonstance atténuante ou aggravante ne te permettra de me coller une étiquette (et son package d’idées préconçues associées). Je m’en branle tout simplement, et cela est généralement très mal accepté.

L’idée de ne pas s’inclure dans une mouvance naissante, aussi stupide soit-elle, créée une crispation puissante. Le pékin moyen (ou devrais-je dire le « Cédric moyen ») préfère se trouver en face d’un désaccord plutôt que d’un « sans intérêt pour le sujet ».

Cette personne ne s'appelle pas Nem ou Chinetoque mais Cédric

Le droit de se foutre des gens autour de soi

Je ne considère pas que les gens qui m’entourent méritent nécessairement une attention de ma part. Je penche même généralement pour l’inverse. Mon temps m’appartient et m’intéresser à tous les premiers connards qui passent est un choix que je ne fais pas. Tout ce temps perdu serait du temps retranché à ma famille, mes amis, ou à la dernière activité de mon choix. Que ce soit lire un livre ou manger trop gras, trop sucré, trop salé…

Je ne fais pas partie de l’Empire du Bien. Je ne soupire pas quand quelqu’un jette un papier par terre. Je n’ordonne pas au jeune assis de se lever quand une vieille rentre dans un bus. Je ne dis pas « tu sais, d’où il vient c’est pas toujours facile » quand quelqu’un dit qu’un violeur ça doit aller en prison.

Ce qui ne m’empêche pas pour autant de ramasser un papier par terre, de céder ma place aux personnes âgées, où de donner une pièce à quelqu’un dans une mauvaise passe.

Je refuse juste que cela me soit imposé par la société. D’ailleurs, société si tu m’entends : rase les murs, tu as mauvaise réputation.

- Et toi le burkini t’en penses quoi ?

– J’en ai rien à foutre…

– [Insérer ici un argument sur la liberté de la femme ou sur le Grand Remplacement]

– …

– Mais on peut pas laisser faire ça sans agir ??

– …

Une discussion de PMU à l’échelle nationale

Pourquoi vouloir s’exprimer systématiquement sur les sujets qui prennent une ampleur médiatique et politique. Certains sujets m’intéressent et stimuler sa réflexion intellectuelle est une bonne chose ; pourtant nul n’est expert en tout. Pour avoir une discussion enrichissante, je préfère échanger sur des sujets où j’ai des connaissances réelles, avec des gens qui ont des connaissances réelles. Je vous invite à lire cet article sur les opinions et leur valeur.

Sans arguments ni connaissances cela s’appelle une discussion de PMU, à l’échelle nationale. Chacun se forge un avis en 3 clics sur le net et en écoutant durant 40 secondes son futur candidat préféré aux Présidentielles ; puis s’en va défendre son sujet comme on défend une thèse à l’université après des années de recherches.

Le sujet est-il grave ? Peut-être. Cela ne m’investit pas pour autant d’une mission à accomplir. J’ai un avis sur le burkini mais n’ai pas ce besoin viscéral de l’afficher, d’en faire un commentaire facebook ou un t-shirt.

Le vrai danger réside dans cette coercition, cette obligation d’expression et de bienpensance. Il vise à détruire ma liberté d’ignorer que j’exerce au quotidien. Bientôt on regardera d’un mauvais œil celui qui ne changera pas sa photo de profil en drapeau français après un attentat. Ah non ! Ça c’est déjà le cas…

Ayez un avis, défendez-le, exprimez-le même si vous n’avez aucune légitimité et que vous êtes profondément inculte (et vous l’êtes, mais peut-être pas plus que votre voisin) ! Mais juste une chose, laissez-moi en paix lorsque je considère que nos préoccupations divergent.

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