24 sept

Primaire Les Républicains: le bal des horreurs (vol.3)

Chaque semaine, un nouveau candidat à la primaire Les Républicains se déclare. Bien sûr, la plupart n’ont aucune chance et viennent juste chercher un peu d’attention médiatique qu’ils n’arrivent pas à obtenir autrement. Les outsiders comme les favoris n’inspirent pas la confiance, entre les repris de justice,  les escrocs, l’absence d’idée et de charisme. Nous vous proposons un état des lieux rapide, pour confirmer votre pressentiment: il n’y a rien à espérer de ces primaires Les Républicains. Aujourd’hui au programme: Le Maire, Kosciusko-Morizet et Sarkozy.

Bruno Le Maire

Bruno Le Maire est l’un des quadras qui montent chez les Républicains. D’abord directeur de cabinet de Dominique de Villepin, il devient député de l’Eure en 2007. Il occupera ensuite les fonctions de secrétaire d’État aux Affaires européennes de 2008 à 2009, avant de devenir ministre de l’Agriculture de Nicolas Sarkozy.  Agrégé de lettres modernes et énarque, il affiche sans crainte ses ambitions politiques… et littéraires.

Lorsqu’il avait une vingtaine d’années  (il en a aujourd’hui 45), Bruno Le Maire avait écrit, sous pseudonyme, plusieurs « romans d’amour »  (information Le Point). Un goût pour la littérature qui ne s’est pas démenti puisque dans  un roman d’autofiction intitulé Le ministre (2004) Bruno Le Maire décrit par exemple « une scène intime avec sa femme lors d’un voyage à Venise ». Une scène qui n’a pas échappé à Hervé Mariton.  Inspiré, Hervé s’était fendu de cette pique pleine de finesse: « Je ne raconte pas comment ma femme me caresse le sexe. »

Bruno se distingue particulièrement par son sens de l’humilité, si particulier.

bruno le maire

Il déclarait notamment en février dernier: « Mon intelligence est un obstacle ». Une punchline qui lui a fait remporter haut la main le «Prix humour et politique», remis chaque année par le Press club.  Mais si on peut rire de son ego démesuré, on ne peut pas lui donner totalement tort: être intelligent n’est probablement pas la voie la plus aisée pour convaincre en masse les électeurs Les Républicains, l’histoire récente le montre bien.

 

Nicolas Sarkozy

Nicolas a mis fin au suspens insoutenable qui entourait sa candidature aux primaires Les Républicains: il sera candidat. Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa alias Nicolas Sarkozy, fils d’un immigré hongrois. Avant d’aborder sa carrière politique, penchons-nous sur sa vie personnelle et étudiante. Coté perso, il fait montre de sa fidélité et sa capacité à tenir ses engagements en promettant fidélité « jusqu’à ce que la mort vous sépare » pas moins de 3 fois. Coté étude, rien de brillant et c’est un euphémisme. En bref: un redoublement au lycée, un maîtrise de droit obtenue péniblement, un échec à Science Po Paris et un certificat d’aptitude d’avocat obtenu en 7 ans avec une note finale de 10/20. Il hésitait entre la carrière de journaliste et d’avocat, finalement il choisit avocat, pour nouer des contacts avec le milieu des affaires avec déjà en tête le projet de devenir Président de la République.

A coté de ses études le jeune Nicolas s’investit très tôt en politique, militant gaulliste dès le lycée.  Membre de l’UJP, il adhère ensuite à l’UDR en 74  et milite dès son entrée pour l’élection de Jacques Chaban-Delmas à la présidence de la République. Devenu délégué départemental des jeunes UDR des Hauts-de-Seine, il participe à ce titre au congrès de Nice de , destiné à rallier Valéry Giscard d’Estaing aux gaullistes, alors majoritaires au Parlement. Il se fera remarquer dès son premier discours par les tontons  flingueurs Pasqua et Chirac et prouve déjà sa capacité à raconter les pires âneries avec cette punchline: « Être jeune gaulliste, c’est être révolutionnaire. » Il deviendra rapidement maire de Neuilly, dès 1983, après avoir trahi son mentor en politique, Charles Pasqua, qui convoitait le poste mais était alors hospitalisé. Fidélité et honneur toujours. Lors de la campagne présidentielle de 1988 il s’engage auprès de Jacques Chirac. Qu’il trahira (fidélité et honneur encore) pour Balladur, alors favori dans les sondages. Une nouvelle défaite pour la droite et NS.

Wikipédia nous apprend ensuite qu’à la suite de la soudaine démission de Philippe Séguin de la présidence du parti gaulliste, Nicolas Sarkozy le remplace par intérim, d’avril à . Il conduit alors, conjointement avec Alain Madelin, la liste RPR-DL aux élections européennes de 1999. Ce scrutin est marqué par une sévère défaite pour la droite pro-européenne : la liste qu’il dirige arrive en troisième position avec 12,82 % des suffrages, derrière la liste souverainiste menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers (13,05 %) et celle du Parti socialiste (21,95 %).

Il annonce sa démission de sa fonction intérimaire de président du RPR le  , renonce à toute responsabilité au sein du parti et se retire une première fois de la politique nationale.  Chirac, qui  le hait, laissera Raffarin le nommer ministre quelques années plus tard, contraint et forcé. D’abord en tant que ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie puis de ministre de l’Intérieur. C’est grâce à ce poste qu’il se mettra en évidence et se mettra en pole position pour l’élection présidentielle. On connait la suite, sa victoire en 2007, son quinquennat désastreux, sa défaite en 2012 face à Ségolène Royale et  son retrait de la vie politique française (bis repetita)

Une carrière politique pleine de mensonges, fausses promesses, fanfaronnades en tout genre et trahison. On peut se dire qu’il s’agit du parcours classique d’un homme politique, mais il semble que Nicolas Sarkozy ait poussé le vice encore plus loin que la plupart. Il faut dire qu’il  a été formé par l’as des as: Charles Pasqua.
Mais  plus que son bilan mitigé, ses mensonges répétés, on s’émerveillera de la fréquence avec laquelle son nom revient dans des affaires judiciaires. La liste non exhaustive ici. Avec un tel CV il fait forcément office de grand favori pour les primaires les républicains

 

Nathalie Kosciusko Morizet

NKM a finalement obtenu ses parrainages pour la primaire Les Républicains. De haute lutte. Le suspens aura duré jusqu’à la fin.  Pour remercier ses soutiens et remercier ses fans elle nous gratifie d’une magnifique vidéo prise dans son appartement. Une nouvelle tentative de dépoussiérer son image de grande bourgeoise, qui lui a porté préjudice pour sa candidature à la mairie de Paris et qu’elle traîne encore comme un boulet. Une tentative ratée qui se retourne contre elle et a rapidement fait la risée du web:

Née dans le XVe arrondissement dans les années 70 a connu une enfance privilégiée, déjà baignée dans la politique avec un grand-père et un père ayant occupé différentes fonctions (maire, ambassadeur, conseiller régional). Visiblement pas lassée, après de brillantes études (Polytechnique) elle se mariera avec un énarque ancien maire socialiste. Certainement par goût de l’aventure et de l’exotisme elle fera comme grand-papa, papa et son mari: de la politique. Elle sera dans l’équipe de campagne de Jacques Chirac en 2002 avant de devenir député de la 5e circonscription de l’Essonne la même année, à 30 à peine. Une réussite qui force l’admiration? Pas forcément. On lui a plutôt facilité la tâche.

« Lors des élections législatives de 2002, elle est suppléante de Pierre-André Wiltzer, député sortant dans la quatrième circonscription de l’Essonne, après avoir envisagé de se présenter dans les Hauts-de-Seine. Wiltzer, qui est réélu avec 55,97 % des suffrages au second tour41, est nommé ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie dans le deuxième gouvernement Jean-Pierre Raffarin42, ce qui permet à Nathalie Kosciusko-Morizet de devenir députée. » (source Wikipédia).

Elle soutiendra Nicolas Sarkozy en 2007 avant d’être réélue député de l’Essonne. Enfin une première vraie victoire électorale. Mais là encore facilitée puisque « Pierre-André Wiltzer est pour sa part nommé à l’Agence française de développement afin d’être dissuadé de se représenter » (source wikipédia).

Mais on peut dire qu’elle a su bien mener sa barque devenant conseiller régional d’Ile-de-France, maire de Longjumeau, secrétaire d’Etat puis ministre de l’écologie. Son ascension sera stoppée lorsqu’elle se portera candidate à la mairie de Paris. Une campagne qu’elle perdra face à Anne Hidalgo, plombée par son image autant que la fadeur de ses propositions.  Si elle jouit d’une certaine popularité, d’une notoriété nationale et de vraies compétences et connaissances sur l’environnement et l’écologie. Mais peut-on espérer d’une candidate qui n’arrive que difficilement à obtenir les parrainages nécessaires qu’elle remporte la primaire les républicains face aux poids lourds du parti? Raisonnablement non. Mais son ambition sera de réunir suffisamment de voix au premier tour pour peser sur le second lorsqu’elle se ralliera à l’un des deux finalistes. Avec l’espoir d’obtenir un maroquins dans le futur gouvernement.

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Morel Le Rogue

Explorateur des bas-fonds des internets, des bars louches et des milieux interlopes. Contempteur de l'infinie bêtise humaine, je traque la mesquinerie et la médiocrité. J'écris donc principalement sur la #politique, mais aussi la #culture et la #société, pour déverser ma bile avec morgue.

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