16 déc

France et liberté d’expression : un amour contrarié

Liberté - Egalité - Fraternité et flicage généralisé

Liberté – Egalité – Fraternité et flicage généralisé

Ah… la France, pays des droits de l’homme, pays de la liberté d’expression… Et à qui voudrait-on faire croire ça ? La liberté d’expression n’est qu’un lointain souvenir, une incantation mainte et mainte fois répétée, pour se donner bonne conscience et se permettre de faire la morale à tous les autres pays. La liberté d’expression est menacée en France. Il faut ouvrir les yeux et serrer les fesses. On veut nous la mettre, sachons le, et ça va faire mal par où ça va passer.

Limiter la liberté d’expression: une sale habitude

Un auteur, que je respecte entre tous, Philippe Nemo, met en exergue que les différentes lois contre la provocation à la discrimination, la haine, la violence ou le racisme ( lois Pleven, Gayssot, Taubira) établissent une censure en bonne et due forme, qu’il compare à l’Inquisition:

 Ce que les nouvelles lois françaises de censure demandent aux juges, c’est de sanctionner des pensées en tant que telles (…) On leur demande donc quelque chose de très proche de ce que l’Église demandait jadis aux Inquisiteurs (…) On est fondé à dire que cet usage de la force d’État contre la liberté d’expression relève du fascisme. 

Source: Wikibéral

Internet, dernier espace de liberté?

Internet, longtemps espace de liberté absolue, n’échappe pas à la volonté de contrôle sans limite de l’Etat. Celui-ci, toujours prompt à contrôler la vie de ses citoyens et s’immiscer dans la vie privée et personnelle de tout un chacun, s’attaque avec toujours plus de zèle à l’internet.

Depuis sa création et sa démocratisation, internet a longtemps été un espace unique de liberté :

  • diffusion des idées

  • liberté d’expression et d’opinion

  • initiatives individuelles

  • logiciels libres

  • accès et gratuité de la culture

  • et, pour le meilleur comme pour le pire, l’anonymat.

Un îlot de liberté intolérable pour nos dirigeants et censeurs en tout genre

Le 28 octobre dernier, les médias français (Les échos, le Figaro, entre autres) reprenaient et le rapport 2015 de l’ONG Freedom House sur la liberté d’expression sur la toile. Pour la 5e année consécutive, celle-ci était en voie de diminution, avec des « reculs notables » en Libye, en Ukraine (on comprendra aisément pourquoi) ou, plus surprenant, en France. Et ce sans que le pays ait sombré dans une guerre civile ou une instabilité politique et sociale comparable aux exemples précédents.

Entre 2014 et 2015, la France a perdu deux places. Elle figure désormais à la neuvième place des 18 pays classés « libres » (sur les 65 pris en compte dans le classement).

Pour justifier cette baisse, citons simplement le rapport : « La position de la France a baissé principalement à cause de politiques problématiques adoptées après les attaques terroristes de Charlie Hebdo. »   « Bien que la France ait maintenu un Internet relativement ouvert et accessible, plusieurs actions émanant des administrations ont suscité des préoccupations chez des groupes d’internautes et des militants de la liberté d’expression. […] Les restrictions imposées sur les contenus pouvant être perçus comme faisant l’ « apologie du terrorisme »  et les poursuites engagées contre des internautes  ».

 

Des atteintes à la vie privée et la liberté qui se multiplient

A la longue liste des intrusions dans notre vie privée et atteintes progressives à notre liberté, (LOPPSI, LOPPSI 2, HADOPI, multiplication des caméras de surveillance), de nouvelles mesures répressives sont mises en place. Ces dernières, sont de plus en plus intrusives, sans le minimum de respect des droits fondamentaux. Les attentats de janvier avaient permis de poser la première brique du nouvel attirail de notre gouvernement, avec la loi de renseignement. Celle-ci donnait un cadre légal à la surveillance de masse d’internet, des téléphones, des e-mails, des communications, sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Un objectif louable. Mais surtout un prétexte idoine pour autoriser la surveillance à tous crins, alors que l’efficacité de telles mesures relève du pur fantasme ou d’un manque de pragmatisme énorme.

Fais gaffe, ici donne ta main, on te prend ton bras (Mokless – Briseur de Rêve)

Une nouvelle étape sera franchie après les attentats de novembre et le décret de l’état d’urgence, avec de nouvelles restrictions à prévoir. La liberté des internets est encore plus menacée dans le pays des droits de l’homme. Le ministère de l’Intérieur est sur les dents, et selon une note interne des mesures qui ont de quoi effrayer sont envisagées. Ces propositions visent à interdire :

  •  les connexions wifi libres et partagées

  • les connexions wifi publiques 

  • les communications des réseaux TOR en France (permettant d’accéder au fameux « dark-net » ou « deep-web », rempli d’offres plus alléchantes les unes que les autres)

Et pourquoi pas interdire les vidéos de chatons, les commentaires (plaies béantes et purulentes à l’origine de la déconfiture du web 2.0), youporn (source de radicalisation indéniable, puisque le terme Beurette est le terme le plus recherché par nos compatriotes pour se pignoler), les vidéos de Maître Gims et les articles de filsedeputedelamode ?

Aux armes citoyens, haro sur le baudet ! Nos dirigeants nous montrent encore leur expertise dans le domaine du mépris (on est des petits joueurs !) des citoyens, de leurs droits et la tendance irrépressible de l’État à surveiller et contrôler au maximum la population. Selon la maxime attribuée à Benjamin Franklin « un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux”.

Préparez la révolte, ou préparez la vaseline, parce qu’on est en train de nous la mettre profond.

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Morel Le Rogue

Explorateur des bas-fonds des internets, des bars louches et des milieux interlopes. Contempteur de l'infinie bêtise humaine, je traque la mesquinerie et la médiocrité. J'écris donc principalement sur la #politique, mais aussi la #culture et la #société, pour déverser ma bile avec morgue.

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