06 sept

Donald Trump est-il vraiment un connard ?

donald trump eres un pendejo connard

Un multimilliardaire devrait se ranger du côté de l’aristocratie au pouvoir, de l’establishment bienpensant. Donald Trump n’est pas de cet avis et cela dérange fortement…

Ses blagues graveleuses, son langage outrancier, ses tweets insultants, ses querelles avec les people font de lui une cible pour qui veut jouer la carte du puritanisme. Déclaré homme à abattre par la classe politique et les médias, il n’a pas fallut longtemps pour que l’internationale des moutons de Panurge en fasse son nouvel ennemi. Tous s’offusquent, gloussent et insultent à l’unisson à chaque propos relayé par la presse. Au point d’oublier l’élection de cet homme à la tête de la première puissance économique mondiale, préférant le juger psychopathe et atteint d’une maladie mentale.

Ces psychopathes qui nous gouvernent Jean Luc HEES

Trump au côté des plus célèbres dictateurs sur la couverture de Ces psychopathes qui nous gouvernent (édition Plon, 2018).

Le paradoxe Trump

André Bercoff, dans sa préface de Trump par Trump1 explique ce qui fait de Donald Trump un paradoxe vivant. Le multimilliardaire est certes médiatique et influent, il se range volontiers du côté des réactionnaires et de ceux que l’on appelle les beaufs. Il s’oppose et attaque avec véhémence la caste au pouvoir, en ne ménageant ni les journalistes ni les hommes politiques.

Enfin je me rappelai le pis-aller d’une grande princesse à qui l’on disait que les paysans n’avaient pas de pain, et qui répondit : Qu’ils mangent de la brioche.
Jean-Jacques Rousseau, Les confessions (1782)

Donald Trump n’a probablement jamais lu Rousseau mais fait un bras d’honneur à ces grandes princesses. Il puise sa force dans la Rust Belt et autres régions désindustrialisés du pays, chez ses hommes ancrés dans la réalité. Son franc-parler s’associe à une réalité audible. Son empire, il l’a bâti dans la pierre. Sa vie, il l’a passé sur les chantiers au contact des ouvriers, sous-traitants, architectes et élus locaux. Sa fortune, il ne la doit qu’à son entreprise. Un self made man comme l’Amérique les aime ; comme l’establishment les déteste.

Quand il annonce vouloir renverser le système en place, celui qui n’a brigué aucun mandat avant de devenir Président fait monter la pression dans le camp adverse. L’homme n’a rien à perdre et sa fortune personnelle le préserve de bien des incitations et moyens de pression.

Le visage de ses détracteurs

Ses détracteurs représentent le système en place, l’Empire du Bien décrit par Philippe Murray. Quand cet empire réalise que la menace est réelle, il tente de faire rentrer dans le rang. Quand rien n’y fait il opte pour une deuxième option : l’anéantissement pur et simple. Son but est alors de mettre l’ennemi hors d’état de résister ; selon un principe théorisé par le Major-général Allemand Clausewitz.

Pour contraindre l’adversaire à se plier à notre volonté nous devons le mettre dans une position qui le lèse plus encore que le sacrifice que nous exigeons de lui ; les désavantages de cette position ne peuvent sembler être passagers, faute de quoi, naturellement, l’adversaire n’aurait qu’à attendre des temps meilleurs, et ne point céder.
Carl von Clausewitz, De la guerre (1832)

Toutes griffes dehors, les yeux injectés de sang, ce rouleau compresseur montre alors son vrai visage. Le combat ne s’arrête qu’une fois la menace éliminée. L’âme muée par l’anéantissement. 

Bruit médiatique et omerta

Quand on cherche un reproche énoncé à propos de Trump, le futile vient immédiatement à l’esprit. Un tweet, une petite phrase… Lorsque l’on met sur pause le battage médiatique et que l’on observe les faits, on aperçoit une tempête dans un verre d’eau, un gros plan sur des aspérités médiatiques qui devraient se cantonner à la presse people.

On constate d’une part un bruit médiatique permanent et de l’autre des actions passées sous silence.

  • Un taux de chômage à 3,9% en août 2018 selon les chiffres du département du Travail ? Le plus bas depuis 18 ans dans le pays et le plus bas jamais enregistré chez les populations afro-américaines : personne n’en parle.
  • La réforme fiscale de décembre 2017 ? Qui a été la plus grande baisse d’impôts des États-Unis depuis 31 ans, avec une réduction de l’impôt sur les sociétés (35 à 21%) et une baisse de tout le barème de l’impôt sur le revenu. L’objectif d’atteindre les 3% de croissance a été largement dépassé avec 4,7% annoncé actuellement : omerta.

Une arme redoutable qu’est la combinaison du bruit médiatique et du silence journalistique. Peu de faits, peu de chiffres, peu d’études… Le tout noyé dans un nuage d’informations futiles, émergeant tantôt des médias, tantôt des hommes politiques, tantôt des moutons de Panurge via les médias sociaux. L’infobésité devient une arme au service de l’Empire du Bien.

1 — Autobiographie publiée en langue originale sous le titre « The Art of the Deal » par Donald Trump et Tony Schwartz en 1987.

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